Charles Sapin, la censure
Photo extraite du site Futur-ch
La censure ne résout jamais rien. Elle n’a jamais fait taire ceux que l’on ne veut pas entendre et laisse dans les livres d’histoire l’image déplorable de ses promoteurs.
Tout au contraire elle incite ceux qui la subissent à la contourner et, les stigmatisant, en fait les victimes que d’aucuns encenseront, adoreront et consulteront ailleurs.
L’arrivée d’un chroniqueur d’extrême droite annoncée par la direction de France Inter n’aura eu pour conséquence que le rejet de Charles Sapin de la part d’une partie de la rédaction à l’esprit borné et le sujet d’une pétition de quelque trois cents prétendus intellectuels, artistes et autres célébrités temporaires dont les neurones éparpillés dans leur écriture inclusive protestent contre l’arrivée du journaliste et sa chronique dominicale prévue. Avec en prime la mise en relief par leur action irréfléchie des thèses fascisantes.
Charles Sapin, journaliste spécialiste de l’extrême droite, travailla en effet pour plusieurs médias dits de droite, du Figaro au Point en passant par Valeurs Actuelles dont il est depuis peu le directeur adjoint. Également au Parisien, journal qui publie la pétition citée au-dessus. La rigueur de ses analyses est reconnue par ses pairs ainsi que par ceux qui lui prêtent attention et pensent qu’elles sont ouïbles.
Entendons-nous bien, en aucune manière je ne cautionne ou cautionnerai les idées de ces journaux, en particulier celles, quelque peu nauséabondes, de Valeurs Actuelles, torchon pas même utile en torche-cul en raison d’un papier trop rêche et d'une encre sinistrement brune. Mais retenons qu’aux dernières législatives, sur les 32 millions de votants, 13 millions de personnes ont voté à droite dont près de 11 millions pour les seuls deux partis d’extrême droite les plus connus. Eux aussi ont le droit d’écouter France Inter. Car, rejeter le journaliste au prétexte que son discours risque de devenir une sorte de prosélytisme à l’usage du fascisme, de l’antisémitisme ou de la xénophobie en général, est d’abord une pétition de principe irrecevable et ensuite mettre sous le boisseau un bon tiers de la population en faisant fi de la pluralité de l’information est inconséquent. Quant à savoir si le discours du chroniqueur peut influencer ou guider la pensée d’un auditeur ou d’une auditrice, je crois que c’est lui faire trop d’honneur. Autour du zinc du café du commerce, les discours sont autrement virulents, primaires et accessibles que des analyses subtiles pratiquement incompréhensibles pour une majorité de gens. Tout dans cette censure est néfaste et ne sert qu’une cause, celle de la victimisation et par voie de conséquence de l’adhésion aux thèses que l’on veut masquer. Pire sans doute, susciter l’intérêt des indécis par le réflexe enfantin de rechercher l’interdit.
Il suffit de savoir un tant soit peu réfléchir avant d’ostraciser quiconque.

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